28 November 2025

[Rwanda Forum] L'aveuglement de la France pour plaire à Kagame : Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent : le paradoxe des relations Rwanda–France

L'aveuglement de la France pour plaire à Kagame :

Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent : le paradoxe des relations Rwanda–France

Introduction : La relation diplomatique la plus déroutante de l'Afrique contemporaine

Peu de relations en diplomatie africano-européenne sont aussi paradoxales, émotionnellement chargées et politiquement révélatrices que celle entre le Rwanda et la France. Depuis trois décennies, le Rwanda est l'État africain le plus hostile à l'égard de la France — l'accusant de complicité dans le génocide, humiliant les dirigeants français, démantelant les institutions françaises, expulsant l'influence française, remplaçant la langue française et dénigrant à répétition la France sur la scène internationale.

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France's Blindness to Please Kagame:

When You Don't Respect the French, They Respect You: The Paradox of Rwanda–France Relations

Introduction: The Most Puzzling Diplomatic Relationship in Contemporary Africa

Few relationships in African–European diplomacy are as paradoxical, emotionally charged, and politically revealing as the one between Rwanda and France. For three decades, Rwanda has been the most hostile African state toward France—accusing it of complicity in genocide, humiliating French leaders, dismantling French institutions, expelling French influence, replacing the French language, and repeatedly denigrating France on the international stage.

Yet France has responded not with retaliation, pressure or distance—but with apologies, concessions, aid packages, political support and military cooperation.

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L’aveuglement de la France pour plaire à Kagame :

L'aveuglement de la France pour plaire à Kagame :

Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent : le paradoxe des relations Rwanda–France

Introduction : La relation diplomatique la plus déroutante de l'Afrique contemporaine

Peu de relations en diplomatie africano-européenne sont aussi paradoxales, émotionnellement chargées et politiquement révélatrices que celle entre le Rwanda et la France. Depuis trois décennies, le Rwanda est l'État africain le plus hostile à l'égard de la France — l'accusant de complicité dans le génocide, humiliant les dirigeants français, démantelant les institutions françaises, expulsant l'influence française, remplaçant la langue française et dénigrant à répétition la France sur la scène internationale.

Pourtant, la France n'a pas répondu par des représailles, de la pression ou de la distance — mais par des excuses, des concessions, des aides financières, un soutien politique et une coopération militaire.

Cette dynamique représente l'un des exemples les plus clairs d'une vérité géopolitique que de nombreux Africains répètent avec ironie :

« Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent. »

Il ne s'agit pas d'une insulte, mais d'une analyse politique : la France tend à respecter l'assertivité, surtout lorsqu'elle s'enracine dans une accusation morale. Le Rwanda l'a compris mieux que quiconque. Il a reconnu très tôt que la plus grande faiblesse de la France est sa culpabilité historique. Et une fois que le Rwanda a réalisé à quel point la France est piégée dans le remords, Kigali a transformé cette culpabilité en arme de pression diplomatique.

Cette analyse de fond explore comment le Rwanda a réussi à transformer la France, d'un acteur politique puissant, en un partenaire vulnérable, incapable de se défendre, incapable de critiquer les actions du Rwanda et incapable d'énoncer une position souveraine sur le rôle déstabilisateur du Rwanda dans la région — en particulier en République démocratique du Congo (RDC).


I. Avant la rupture : le Rwanda, joyau de l'influence francophone

Pour comprendre l'ampleur de la rupture post-1994, il est essentiel de rappeler ce que représentait le Rwanda pour la France. Pendant la Guerre froide et jusqu'au début des années 1990, le Rwanda était une pièce centrale de l'architecture géopolitique francophone en Afrique centrale. Il était une vitrine de l'influence culturelle et linguistique française dans la région des Grands Lacs, et un allié clé dans la rivalité de la France avec le monde anglophone, en particulier avec l'Ouganda.

Des officiers militaires français étaient intégrés dans les institutions rwandaises. Des conseillers français travaillaient à la présidence. L'aide française finançait les écoles, les infrastructures et les programmes de sécurité. Le Rwanda était profondément intégré dans le réseau de la Françafrique.

Du point de vue de Paris, le Rwanda était un partenaire francophone certes petit, mais d'une importance symbolique majeure, dont la stabilité consolidait l'image de la France comme protectrice de la Francophonie.

Cette base rend la rupture ultérieure encore plus spectaculaire. Aucun pays africain francophone n'a jamais rompu de manière aussi violente avec la France. Aucun ancien partenaire français n'a jamais lancé une campagne anti-française aussi radicale. Et jamais auparavant la France n'avait accepté aussi passivement l'humiliation infligée par un petit pays africain, comme elle l'a fait avec le Rwanda.

II. La stratégie post-1994 du Rwanda : de la victimisation à l'accusation agressive

Après que le Front patriotique rwandais (FPR) a pris le pouvoir en juillet 1994, le nouveau gouvernement rwandais a rapidement identifié la France comme son principal ennemi politique. Kigali a construit et promu un récit dans lequel la France n'était plus simplement un pays qui avait soutenu le gouvernement précédent — la France était présentée comme complice du génocide, facilitatrice de massacres et acteur moralement criminel.

Paul Kagame et Louise Mushikiwabo ont été personnellement impliqués dans cette stratégie, multipliant accusations publiques, dénonciations et même insultes directes à l'encontre des dirigeants et institutions françaises.

Ce récit offrait au FPR une valeur stratégique immense.
En attaquant la France, le Rwanda pouvait simultanément :

  1. Légitimer son nouveau régime, en se présentant comme la force qui avait vaincu non seulement un gouvernement génocidaire, mais aussi son prétendu soutien étranger.

  2. Façonner la sympathie internationale, en positionnant fermement le Rwanda comme une victime demandant justice face à une puissance européenne.

  3. Réduire au silence la dissidence interne, puisque toute personne remettant en cause le FPR pouvait être accusée de s'aligner sur les « génocidaires » ou de défendre la complicité française.

  4. Démanteler l'identité francophone du Rwanda, afin de justifier son basculement vers le monde anglophone et de réaligner ses alliances géopolitiques.

  5. Placer la France dans une posture défensive permanente, forçant Paris à réagir de manière émotionnelle plutôt que stratégique.

À partir de 1995, l'hostilité envers la France est devenue un pilier institutionnalisé de la politique étrangère rwandaise. Des hauts responsables ont régulièrement insulté, blâmé et dénigré les dirigeants français dans des discours et des interviews. Les médias proches du gouvernement ont amplifié ces accusations, garantissant que le message atteigne les publics national et international. Le Rwanda a utilisé toutes les tribunes possibles — réunions des Nations Unies, commémorations du génocide, sommets diplomatiques, médias internationaux — pour réaffirmer que la France portait une responsabilité directe dans le génocide.

Ce faisant, Kigali a instrumentalisé la culpabilité. Et la France — terrorisée à l'idée d'être accusée de complicité de génocide, d'être isolée sur la scène internationale ou de paraître moralement indifférente — a progressivement abandonné son propre récit et adopté une posture de défense et de remords permanents.

III. Détruire l'influence française au Rwanda : un démantèlement sans précédent

L'hostilité n'était pas seulement rhétorique ; elle s'est manifestée par un démantèlement systématique et délibéré de la présence française au Rwanda. Les institutions culturelles et éducatives françaises ont été progressivement fermées. Des projets de coopération de longue date ont été brusquement interrompus. Les enseignants français — dont beaucoup avaient servi au Rwanda pendant des décennies — ont été expulsés en masse. Les programmes de développement et d'aide ont été suspendus ou annulés. Le Centre culturel français de Kigali, autrefois vitrine de l'influence francophone, a été fermé puis vandalisé. Même l'ambassade de France est devenue la cible répétée de manifestations de rue, souvent encouragées ou orchestrées par les autorités, ce qui a obligé la France à réduire drastiquement sa présence diplomatique.

La portée symbolique de ce démantèlement ne peut être exagérée. Ce n'était pas une simple réorganisation administrative : il s'agissait d'une rupture politique et culturelle profonde. Le Rwanda envoyait un message sans ambiguïté à Paris :

« Votre influence ici est terminée. »

Cette rupture a atteint son point le plus spectaculaire et irréversible avec la décision de remplacer le français par l'anglais comme langue nationale d'enseignement. Du jour au lendemain, le Rwanda a rompu un lien linguistique et culturel vieux d'un siècle avec le monde francophone et s'est repositionné de façon décisive au sein de la sphère géopolitique anglophone. La transition fut si radicale que la plupart des enseignants du pays — formés en français et incapables d'enseigner en anglais — ont été licenciés et remplacés, laissant des générations entières d'élèves dans un système scolaire soumis à une transformation linguistique brutale et inédite.

Aucun autre pays de l'histoire moderne n'a entrepris un réalignement linguistique d'une telle ampleur en un laps de temps aussi court. Pour le Rwanda, c'était une déclaration stratégique d'indépendance. Pour la France, c'était la confirmation dévastatrice que son ancrage culturel avait été complètement déraciné.

IV. Le rapport Duclert : l'élément le plus controversé de l'auto-humiliation française

L'un des épisodes les plus stupéfiants de l'histoire des relations France–Rwanda est la production du rapport Duclert, commandé par le président Emmanuel Macron en 2019 et publié en 2021. Officiellement, ce rapport a été présenté comme une enquête historique indépendante sur le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994. En réalité, il est devenu l'un des documents les plus politisés, historiquement déformés et controversés jamais produits au nom de l'introspection de l'État français.

1. Un rapport écrit pour plaire à Kagame

Dès l'annonce de la commission, de nombreux historiens, diplomates et spécialistes de l'Afrique ont constaté que l'objectif du rapport n'était pas la vérité, mais la réconciliation politique. Macron voulait se rendre à Kigali non pas comme un président accusé de déni ou d'arrogance coloniale, mais comme un dirigeant accueilli en héros, salué par le Rwanda et applaudi par les médias internationaux. Le moyen le plus simple d'y parvenir était de produire un rapport qui s'aligne sur le récit officiel de Kigali.

La commission Duclert a donc été encouragée — explicitement ou implicitement — à éviter toute conclusion qui contredirait la version rwandaise des événements. Il en a résulté un document qui :

  • interprète de manière sélective les preuves archivistiques,

  • omet ou minimise les documents dérangeants,

  • ignore des témoignages contredisant la narration du FPR,

  • minimise les crimes du FPR,

  • exagère la « cécité » française,

  • et invente ou amplifie des récits correspondant aux accusations du gouvernement rwandais.

Le rapport a rejeté les contributions de personnes dont les analyses n'étaient pas alignées sur les récits officiels du Rwanda.

Depuis sa publication, des historiens, des diplomates et des spécialistes de l'Afrique ont critiqué ce rapport comme étant partial, politiquement biaisé, incomplet et, dans certains cas, porteur de conclusions historiques inventées.

2. Un rapport qui efface les crimes du FPR

Le rapport Duclert évite de manière frappante d'aborder les massacres pourtant bien documentés commis par le FPR en 1994 et dans les années qui ont suivi. Les tueries de civils hutu, les massacres dans les forêts du Congo et les actes que certains experts de l'ONU ont décrits comme pouvant constituer des actes de génocide s'ils étaient prouvés devant un tribunal, sont passés sous silence ou minimisés.

Pour plaire à Kagame, le rapport produit un tableau historique déséquilibré dans lequel le FPR apparaît moralement irréprochable.

3. Un rapport qui condamne la France en ignorant la complexité géopolitique

Au lieu de présenter une analyse nuancée, le rapport Duclert simplifie l'histoire :

France = responsable
FPR = victimes libératrices

Ce schéma simpliste a permis à Kagame de revendiquer une victoire morale. Et la France, fait stupéfiant, a financé et publié un document qui nuit à son propre récit historique.

4. Duclert comme symbole de l'auto-humiliation française

Ce rapport est devenu le symbole ultime du nouveau rôle de la France : celui d'un pays tellement avide de rédemption morale qu'il participe à la réécriture de l'histoire pour satisfaire le gouvernement qui l'accuse.

V. Mémoire sélective : le refus de la France de reconnaître les atrocités du FPR et la souffrance des Hutu

Une autre dimension du silence français à l'égard du Rwanda concerne les thèmes que Paris évite délibérément — des sujets explosifs sur le plan politique et moralement inconfortables. La France refuse de parler ouvertement des violations des droits humains commises par le FPR pendant la guerre et après 1994, malgré l'existence de nombreux rapports internationaux les documentant. Elle évite aussi de reconnaître les crimes de guerre, exécutions extrajudiciaires et massacres de civils hutu, commis non seulement au Rwanda mais aussi dans les pays voisins, en particulier en République démocratique du Congo.

Pour l'establishment politique français, même mentionner la souffrance des civils hutu est devenu presque tabou. Dans le climat diplomatique actuel, évoquer la question des victimes hutu — qui représentent plus de 85 % de la population rwandaise — est traité comme une faute politique, presque équivalente à saper le récit reconnu du génocide. Cette peur de paraître insensible, révisionniste ou « proche des génocidaires » a paralysé la capacité de la France à discuter de la réalité complète du conflit.

Pourtant, le dossier historique est clair. De multiples enquêtes indépendantes — y compris des rapports de l'ONU, des témoignages d'organisations de défense des droits humains et des travaux académiques — ont établi que le FPR a commis des atrocités à grande échelle pendant la guerre et dans les années qui ont suivi. Des dizaines de milliers de civils hutu ont été tués à l'intérieur du Rwanda entre 1994 et 1996. Des centaines de milliers d'autres ont été traqués et massacrés à travers l'est du Congo, dans des attaques documentées par le Rapport de cartographie de l'ONU de 2010 et décrites par certains enquêteurs comme des actes qui, s'ils étaient prouvés devant un tribunal, pourraient constituer des crimes contre l'humanité ou même des actes de génocide.

Malgré ces preuves, la France reste silencieuse. Elle évite de reconnaître publiquement ces crimes, évite de critiquer le bilan de Kagame en matière de droits humains et évite de condamner les abus actuels commis par le Rwanda à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières. Il en résulte un récit unilatéral dans lequel une seule catégorie de victimes est reconnue, tandis qu'une autre — plus nombreuse — est ignorée et effacée politiquement.

Ce silence a profondément déçu de nombreux observateurs africains. Dans l'Afrique francophone comme non francophone, beaucoup considèrent le refus de la France de parler des victimes hutu comme un échec moral et une erreur stratégique. Ils voient une France qui a peur de défendre les principes universels des droits humains, qui craint de confronter les abus du Rwanda et qui refuse de reconnaître la souffrance de millions de civils hutu tués pendant la guerre, dans les années suivantes et dans les forêts du Congo.

Pour beaucoup d'Africains, cette morale sélective mine la crédibilité de la France. Un pays qui refuse de reconnaître toutes les victimes et qui évite de condamner des abus actuels par culpabilité politique ne peut pas se présenter comme un acteur de principe ni comme un partenaire fiable. Le silence de la France sur les victimes hutu n'est donc pas seulement une omission historique — c'est un facteur majeur de l'érosion de l'influence et de la confiance dont elle jouissait sur le continent africain.

VI. La réponse de la France : aides, excuses et soumission diplomatique

Au lieu de contester les accusations du Rwanda ou de défendre ses propres institutions, la France a répondu par des gestes répétés d'humilité.

Au cours des deux dernières décennies, la France a accordé au Rwanda des milliards d'euros d'aide, notamment :

  • aide publique au développement directe,

  • appui budgétaire,

  • allégements de dette,

  • projets d'infrastructures,

  • programmes de santé et d'éducation,

  • coopération en matière de sécurité,

  • investissements économiques.

Le total dépasse 1 milliard d'euros, faisant du Rwanda l'un des États africains les plus généreusement soutenus au regard de sa taille.

Les présidents Sarkozy et Macron se sont rendus au Rwanda, apportant excuses ou reconnaissances partielles de responsabilité. Macron est allé le plus loin, déclarant que la France portait une « responsabilité massive et accablante » dans son incapacité à empêcher le génocide. À Kigali, cela a été célébré comme un triomphe diplomatique.

À aucun moment la France n'a répondu à l'hostilité du Rwanda avec fermeté.

Le déséquilibre est devenu évident :

Le Rwanda attaque ; la France s'excuse.
Le Rwanda insulte ; la France augmente son aide.
Le Rwanda sape les intérêts français ; la France renforce la coopération.

VII. Le paradoxe de la Francophonie : la nomination de Mushikiwabo au secrétariat général

Le renversement diplomatique le plus choquant a eu lieu en 2018, lorsque Louise Mushikiwabo — ministre des Affaires étrangères du Rwanda et l'une des critiques les plus virulentes de la France — a été nommée Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Cette nomination était surréaliste pour plusieurs raisons : le Rwanda avait aboli le français comme langue principale d'enseignement ; il s'était tourné de manière décisive vers le monde anglophone en rejoignant le Commonwealth ; Mushikiwabo avait personnellement dénoncé les dirigeants français pendant des années ; la gouvernance interne du Rwanda contredisait les valeurs proclamées de la Francophonie en matière de droits humains ; plusieurs pays africains francophones s'y opposaient.

Pourtant, Emmanuel Macron a soutenu activement sa candidature, faisant pression sur d'autres États francophones pour qu'ils l'acceptent.

Ce fut la démonstration ultime de la nouvelle attitude de la France envers le Rwanda :

Plus le Rwanda rejette l'influence française, plus la France le récompense.

VIII. Paralysie stratégique : une politique étrangère piégée par la culpabilité

Au cœur de ce paradoxe se trouve la thèse centrale :

La relation de la France avec le Rwanda est façonnée par la culpabilité — une culpabilité auto-infligée, politiquement exagérée, devenue un piège. La France ne peut plus agir rationnellement parce qu'elle craint d'apparaître immorale.

Cette culpabilité :

  • paralyse la diplomatie française,

  • empêche la France de critiquer le Rwanda,

  • pousse la France à en faire trop pour se racheter,

  • rend la France prévisible,

  • donne au Rwanda un immense levier.

Le Rwanda comprend parfaitement que la France craint davantage les accusations morales que les menaces géopolitiques. Kagame l'exploite pour obtenir des concessions, faire taire les critiques et engranger des avantages stratégiques.

La culpabilité de la France est devenue un handicap de politique étrangère — une faiblesse permanente enracinée dans une anxiété historique.

IX. L'implication du Rwanda en RDC : le silence ambigu et lâche de la France

La paralysie française est particulièrement visible dans son silence concernant l'implication du Rwanda en République démocratique du Congo.

L'ONU a à plusieurs reprises documenté le soutien du Rwanda aux rebelles du M23.
Les États-Unis, le Royaume-Uni et le Parlement européen ont tous exprimé leurs inquiétudes.
Des gouvernements africains — notamment l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Burundi, le Kenya et l'Angola — ont critiqué le rôle déstabilisateur du Rwanda à l'est du Congo.

Et pourtant, la France reste ambiguë.

Les diplomates français publient des déclarations vagues appelant au « dialogue », à la « retenue » et à « l'engagement régional ». Ils refusent de nommer le Rwanda directement. Même lorsque la France préside des discussions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la RDC, elle évite de mentionner Kigali.

Ce silence n'est pas accidentel.
C'est de la culpabilité.
C'est de la peur.
C'est une paralysie politique.

La France sait que critiquer le Rwanda risque de déclencher des accusations de négationnisme ou d'hypocrisie historique. Elle préfère donc l'ambiguïté — même au prix de sa crédibilité et de sa cohérence morale.

X. Coopération militaire : le Rwanda protège TotalEnergies au Mozambique

Le paradoxe s'accentue avec la coopération militaire et économique entre la France et le Rwanda, notamment au Mozambique.

Lorsque des insurgés islamistes ont envahi la province de Cabo Delgado en 2020–2021, menaçant le projet gazier de plusieurs milliards d'euros de TotalEnergies, la France avait besoin d'une force stabilisatrice. Au lieu de déployer sa propre armée ou de s'appuyer uniquement sur les forces mozambicaines, Paris a soutenu une intervention militaire rwandaise.

Des troupes rwandaises protègent désormais les installations énergétiques françaises. L'armée rwandaise est, de fait, un prestataire de sécurité pour les intérêts multinationaux français.

Les implications sont considérables :

  • la France dépend désormais militairement du Rwanda ;

  • l'image du Rwanda comme « partenaire de sécurité » freine les critiques françaises ;

  • les intérêts économiques priment sur les considérations morales et géopolitiques ;

  • le silence français sur le Congo est en partie dicté par la peur de perdre la coopération militaire rwandaise.

En d'autres termes :

La France a besoin du Rwanda plus que le Rwanda n'a besoin de la France.

XI. La stratégie de Kagame : renverser la relation de pouvoir

La stratégie de Paul Kagame n'a rien d'un accident. Elle est calculée, délibérée et fondée sur une compréhension fine de la psychologie occidentale.

Il a compris très tôt que :

  • la culpabilité occidentale est un outil puissant ;

  • la France est terrorisée à l'idée d'apparaître immorale ;

  • les institutions occidentales récompensent les pays qui se présentent comme victimes ;

  • le récit du génocide confère au Rwanda une forme d'immunité diplomatique ;

  • la France a besoin du Rwanda plus que l'inverse.

En combinant le récit de victimisation avec une diplomatie agressive, Kagame a accompli ce qu'aucun autre dirigeant africain n'a réussi :

  • il a inversé la relation coloniale ;

  • il a placé la France dans une position émotionnelle subalterne ;

  • il a transformé la France en partenaire qui s'excuse avant de négocier ;

  • il a gagné du respect en affrontant Paris, et non en lui obéissant.

Ce faisant, Kagame a fait du Rwanda une puissance régionale nettement supérieure à ce que sa taille, sa population ou son économie laisseraient supposer.

XII. Implications : comment la faiblesse de la France face au Rwanda a détruit sa crédibilité en Afrique francophone

La posture soumise, confuse et dictée par la culpabilité adoptée par la France face au Rwanda n'a pas seulement remodelé la relation bilatérale — elle a profondément endommagé la crédibilité plus large de la France en Afrique, en particulier parmi les nations francophones qui formaient traditionnellement l'ossature de la Françafrique. Ce qui se passe entre la France et le Rwanda n'est pas perçu isolément par les gouvernements africains, les élites politiques ou les sociétés civiles. C'est interprété comme le symbole d'une France en déclin : manque de cohérence stratégique, fragilité morale et influence géopolitique en chute.

Pour de nombreux observateurs africains, l'incapacité de la France à adopter une position ferme vis-à-vis du Rwanda — malgré l'humiliation systématique de ses institutions, le rôle déstabilisateur de Kigali au Congo et sa politique étrangère agressive — révèle une France qui n'est plus capable de défendre ses intérêts ni de maintenir des principes régionaux cohérents. Cette perception a contribué à une vague de désillusion, de ressentiment et de distanciation parmi d'autres États francophones.

1. La France a perdu l'image d'une puissance forte et cohérente

Autrefois perçue comme un acteur décisif en Afrique — parfois trop interventionniste, mais rarement hésitant — la France apparaît, dans sa relation avec le Rwanda, paralysée, apologétique et émotionnellement piégée. Les gouvernements africains voient :

  • une France qui a peur de parler clairement ;

  • une France qui ne trace plus de lignes rouges ;

  • une France qui s'excuse en permanence ;

  • une France qui laisse un petit pays dicter le récit ;

  • une France qui récompense l'agression par des concessions.

Cela contraste fortement avec les interventions fermes du passé. Pour de nombreux dirigeants, l'attitude de la France face au Rwanda marque la fin de son courage géopolitique et de sa cohérence intellectuelle en Afrique.

2. D'autres États francophones ont interprété cette timidité comme une faiblesse

Des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont observé de près la relation France–Rwanda. Chacun a sa dynamique interne, mais tous ont vu une France :

  • incapable de défendre ses alliés,

  • dépourvue de cohérence stratégique,

  • dominée par la culpabilité et le doute,

  • prête à sacrifier des partenariats de long terme pour plaire aux médias occidentaux,

  • ayant perdu sa boussole morale et politique.

En conséquence, ces pays ont commencé à se distancier de la France — pas uniquement pour des raisons bilatérales, mais aussi parce que la politique française vis-à-vis du Rwanda symbolisait une crise plus profonde de crédibilité.

3. L'effondrement des alliances francophones : Mali, Burkina Faso, Niger

Au début des années 2020, le Mali, le Burkina Faso et le Niger — jadis piliers de la stratégie française au Sahel — ont rompu leurs liens militaires avec la France, expulsé les troupes françaises et se sont rapprochés de nouveaux partenaires, notamment la Russie. Bien que ces décisions soient enracinées dans des contextes nationaux, la perception globale d'une France faible a joué un rôle.

Les dirigeants africains ont constaté que la France pouvait :

  • être insultée sans conséquence,

  • être manipulée par la culpabilité,

  • être réduite au silence,

  • perdre son influence face à des puissances régionales ou de taille moyenne.

Cela a encouragé des dirigeants sahéliens à tester la France, puis à s'en détacher entièrement. Le comportement soumis de la France à l'égard du Rwanda a envoyé le signal que Paris n'avait plus la volonté ni la confiance nécessaires pour se tenir comme une puissance mondiale.

4. L'opinion publique francophone s'est retournée contre la France

Dans de nombreux pays francophones, l'opinion publique a radicalement changé. La France n'est plus vue comme un partenaire fiable. Les citoyens constatent :

  • une France humiliée par le Rwanda ;

  • une France incapable de protéger les intérêts et les valeurs francophones ;

  • une France qui perd des batailles diplomatiques ;

  • une France qui ne défend pas les populations francophones ;

  • une France qui célèbre le Rwanda — désormais anglophone — tout en ignorant les préoccupations de ses partenaires francophones.

Pour beaucoup, c'est absurde et insultant. Comment la France peut-elle prétendre défendre la Francophonie lorsqu'elle récompense un pays qui a aboli le français et attaqué la Francophonie ?

La perception dominante est que la France n'est plus loyale envers ses propres alliés, ses valeurs ou ses partenaires.

5. Une perte d'influence plus large : la France n'est plus écoutée

Le poids diplomatique de la France a fortement diminué en Afrique. Aujourd'hui, les dirigeants africains prêtent davantage attention à :

  • la Russie,

  • la Chine,

  • la Turquie,

  • les pays du Golfe,

  • les États-Unis,

  • les alliances régionales africaines

qu'à la France.

L'incapacité de la France à parler clairement du rôle du Rwanda en RDC, surtout alors que le Congo est un géant francophone, a créé un sentiment de trahison, non seulement à Kinshasa mais dans l'ensemble du monde francophone. Pour de nombreuses élites africaines :

Si la France ne peut pas défendre le Congo contre l'agression rwandaise, elle est inutile comme allié géopolitique.

La France a :

  • perdu son rôle de garant,

  • perdu le respect,

  • perdu son image de fermeté,

  • perdu sa position de puissance majeure en Afrique.

C'est directement lié au paradoxe rwandais : la France semble forte là où elle ne devrait pas intervenir et faible là où elle le devrait.

6. Une France affaiblie a accéléré le basculement de l'Afrique vers la multipolarité

La soumission ambiguë de la France face au Rwanda a accéléré le pivot africain loin des puissances occidentales. Les États africains ont interprété le comportement français comme le signe d'une Europe divisée, moralement fragile et psychologiquement instable dans sa relation post-coloniale avec l'Afrique.

Cela a ouvert la voie :

  • au retour de la Russie en Afrique francophone,

  • à l'expansion de la Chine dans les infrastructures et la diplomatie,

  • à l'entrée de la Turquie dans le Sahel,

  • à l'influence croissante des pays du Golfe dans la Corne de l'Afrique,

  • à de nouvelles alliances Sud–Sud entre pays africains.

La France, autrefois centre de gravité dans de nombreuses régions, est désormais de plus en plus marginalisée.

7. Le cas rwandais comme « exemple d'avertissement »

Les gouvernements africains étudient désormais le cas Rwanda–France comme une leçon politique :

Si vous défiez suffisamment la France, elle cède.
Si vous la dénoncez assez fort, elle s'excuse.
Si vous menacez son image morale, elle recule.

Au lieu de gagner le respect par la coopération, la France a involontairement montré que la confrontation est plus efficace. Cela a profondément altéré son autorité.

Conclusion : le paradoxe Rwanda–France comme étude de cas du pouvoir, de la culpabilité et de la manipulation géopolitique

La relation France–Rwanda remet en question les concepts classiques de la diplomatie post-coloniale. Elle montre que :

  • le pouvoir n'est pas seulement militaire ou économique ;

  • le pouvoir est aussi psychologique ;

  • le pouvoir est moral ;

  • le pouvoir, c'est la capacité à déclencher la culpabilité chez l'adversaire.

Le Rwanda l'a compris mieux que tout autre pays africain.

En attaquant agressivement la France, en démantelant son influence, en réécrivant les récits historiques et en exploitant la culpabilité française, le Rwanda a transformé la France, d'ancienne puissance coloniale, en partenaire soumis, qui s'excuse, paie et évite la confrontation.

Le paradoxe demeure :

Le Rwanda a insulté la France, dénigré ses dirigeants, détruit ses institutions, remplacé sa langue, déstabilisé ses alliés régionaux — et pourtant, la France a répondu par de l'argent, un soutien politique, une coopération militaire et du respect.

C'est pourquoi beaucoup d'Africains disent :

« Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent. »

Parce que la France respecte ceux qui affrontent sa culpabilité, pas ceux qui se soumettent à son autorité.

Les conséquences du comportement de la France vis-à-vis du Rwanda sont profondes. Le Rwanda est peut-être un petit pays, mais il a exposé les vulnérabilités françaises d'une manière qui a transformé la géopolitique africaine. La France n'est plus respectée comme puissance forte, n'est plus vue comme un partenaire fiable, et n'est plus traitée comme un acteur décisif.

Le désengagement du Mali, du Burkina Faso et du Niger vis-à-vis de la France fait partie de cet effondrement plus large de confiance. D'autres pays francophones — du Tchad à la République centrafricaine, du Sénégal à la RDC — s'éloignent progressivement de Paris.

Le paradoxe reste le même :

La France a cherché à gagner en crédibilité morale en flattant le Rwanda, mais elle a perdu sa crédibilité stratégique dans l'ensemble de l'Afrique francophone.

La France a cru que traiter le Rwanda avec une humilité excessive réhabiliterait son image mondiale.
En réalité, cela a affaibli son influence, lui a fait perdre des alliés et a accéléré sa marginalisation en Afrique.

RÉFÉRENCES

1. Rapports des Nations Unies

Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC
– Conseil de sécurité des Nations Unies (plusieurs années). Final Report of the Group of Experts on the Democratic Republic of Congo. New York : ONU.
(En particulier les rapports de 2012, 2013, 2020, 2022, 2023 détaillant les liens Rwanda–M23.)

Rapport de cartographie de l'ONU (Mapping Report)
– Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (2010). Democratic Republic of the Congo, 1993–2003: Mapping Exercise Report. Genève : HCDH.

Résolutions et débats du Conseil de sécurité sur la RDC et le M23
– Comptes rendus intégraux du Conseil de sécurité, 2022–2024.

2. Documents officiels français

Rapport Duclert (rapport controversé)
– Duclert, V. et al. (2021). La France, le Rwanda et le génocide des Tutsi (1990–1994). Commission de recherche sur les archives françaises. Paris : Présidence de la République.

Documents parlementaires français
– Assemblée nationale (1998). Mission d'information parlementaire sur le Rwanda.

3. Ouvrages académiques et sources scientifiques clés

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– Prunier, G. (1995, 2009). The Rwanda Crisis: History of a Genocide ; Africa's World War. London.
– Reyntjens, F. (2004, 2013). Rwanda, Politics of Genocide ; Political Governance in Post-Genocide Rwanda. Cambridge.
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– Beswick, D. (2011). Rwanda, Military and Democracy in Post-Genocide Governance.
– Callamard, A. (2014). Human Rights Narratives in Post-Genocide Rwanda.

4. Relations Rwanda–France (travaux universitaires et journalistiques)

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– Smith, D. (The Guardian). Articles sur les tensions diplomatiques France–Rwanda.
– McGreal, C. (The Guardian). Articles sur le rôle de la France de 1994 à aujourd'hui.
– BBC News Africa. Couverture étendue des tensions Rwanda–France et des visites de Macron.
– Human Rights Watch. Rapports 1994–2023.
– International Crisis Group. Rapports Rwanda and the Great Lakes.

5. Rôle du Rwanda en RDC et M23

– Stearns, J. (2022–2023). Congo Research Group, NYU.
– Human Rights Watch (2022, 2023). Rapports sur les exactions du M23 et l'implication du Rwanda.
– International Crisis Group (2012–2024). Briefings sur l'est du Congo.
– Amnesty International (2013–2023). Rapports sur l'implication du Rwanda/M23.

6. Coopération militaire France–Rwanda & TotalEnergies au Mozambique

The Economist (2021–2023). Articles sur l'intervention rwandaise à Cabo Delgado.
The Financial Times (2021–2023). Rapports sur la sécurité de TotalEnergies au Mozambique.
Al Jazeera (2021–2024). Couverture du déploiement rwandais au Mozambique.
– ISS Africa (Institute for Security Studies). Analyses sur la projection militaire rwandaise.

7. Articles sur Kagame, la realpolitik et la culpabilité occidentale

– Wrong, M. (2021). Do Not Disturb: The Story of a Political Murder… London.
– Reyntjens, F. (plusieurs articles 2010–2023). Sur la gouvernance autoritaire de Kagame.
– Straus, S. & Waldorf, L. (2020). Remaking Rwanda: State Building and Human Rights after Mass Violence.

8. Relations franco-africaines & « Françafrique »

– Verschave, F. (2000). La Françafrique.
– Bayart, J-F. (2009). The State in Africa: The Politics of the Belly.
– Chafer, T. (2002). The End of Empire in French West Africa.
– Marchal, R. (travaux sur la politique française dans les Grands Lacs).

9. Médias & enquêtes sur les controverses du rapport Duclert

Jeune Afrique (2021–2022). Analyses critiques du rapport Duclert.
Marianne, Le Figaro, Le Canard Enchaîné : articles questionnant ses motivations politiques.
The Conversation. Critiques académiques de l'approche de Macron et des omissions du rapport.
Mediapart (2021–2022). Enquêtes sur les biais et omissions du rapport.

Préparé par :
Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte Bienvenue
Africa Context, Londres, Royaume-Uni

France’s Blindness to Please Kagame

France's Blindness to Please Kagame:

When You Don't Respect the French, They Respect You: The Paradox of Rwanda–France Relations

Introduction: The Most Puzzling Diplomatic Relationship in Contemporary Africa

Few relationships in African–European diplomacy are as paradoxical, emotionally charged, and politically revealing as the one between Rwanda and France. For three decades, Rwanda has been the most hostile African state toward France—accusing it of complicity in genocide, humiliating French leaders, dismantling French institutions, expelling French influence, replacing the French language, and repeatedly denigrating France on the international stage.

Yet France has responded not with retaliation, pressure or distance—but with apologies, concessions, aid packages, political support and military cooperation.

This dynamic represents one of the clearest examples of a geopolitical truth that many Africans repeat with irony:

"When you don't respect the French, they respect you."

It is not an insult, but a political analysis: France tends to respect assertiveness, especially when it is rooted in moral accusation. Rwanda understood this better than anyone else. It recognised early that France's greatest weakness is its historical guilt. And once Rwanda realised how deeply France is trapped by remorse, Kigali turned that guilt into a weapon of diplomatic leverage.

This long-form analysis explores how Rwanda managed to transform France from a powerful political actor into a vulnerable partner unable to defend itself, unable to criticise Rwanda's actions, and unable to articulate a sovereign position regarding Rwanda's destabilising role in the region—especially in the Democratic Republic of Congo (DRC).

I. Before the Rupture: Rwanda as a Jewel of Francophone Influence

To understand the magnitude of the post-1994 rupture, it is essential to recall what Rwanda represented for France. During the Cold War and up to the early 1990s, Rwanda was a central piece of the Francophone geopolitical architecture in Central Africa. It was a showcase of French cultural and linguistic influence in the Great Lakes region, and a key ally in France's rivalry with the Anglophone world, especially with Uganda.

French military officers were embedded in Rwandan institutions. French advisers worked in the presidency. French aid funded schools, infrastructure and security programmes. Rwanda was deeply integrated into the Françafrique network.

In Paris's view, Rwanda was a small but symbolically important Francophone partner whose stability solidified France's image as a protector of Francophonie.

This foundation makes the later rupture even more dramatic. No Francophone African country has ever broken so violently with France. No former French partner has ever launched such a radical anti-French campaign. And never before has France accepted humiliation from a small African country as passively as it did with Rwanda.

II. Rwanda's Post-1994 Strategy: From Victimhood to Aggressive Accusation

After the Rwandan Patriotic Front (RPF) seized power in July 1994, the new Rwandan government swiftly identified France as its principal political enemy. Kigali constructed and promoted a narrative in which France was no longer simply a foreign supporter of the former regime—France was portrayed as an accomplice to genocide, an enabler of massacres, and a morally culpable actor. Paul Kagame and Louise Mushikiwabo were personally involved in driving this strategy, repeatedly issuing public accusations, denunciations, and even direct insults against French leaders and institutions.

This narrative provided the RPF with immense strategic value.
By attacking France, Rwanda could simultaneously:

1.      Legitimise its new regime by presenting itself as the force that defeated not only a genocidal government but also its alleged foreign backer.

2.      Shape international sympathy, positioning Rwanda firmly as a victim seeking justice against a powerful European state.

3.      Silence internal dissent, since anyone questioning the RPF could be accused of aligning with "genocidaires" or defending French complicity.

4.      Dismantle Rwanda's Francophone identity to justify its shift toward the Anglophone world and realign its geopolitical alliances.

5.      Place France in a permanent defensive posture, forcing Paris to react emotionally rather than strategically.

From 1995 onward, hostility toward France became an institutionalised pillar of Rwandan foreign policy. Senior officials consistently insulted, blamed, and denigrated French leaders in speeches and interviews. Media outlets aligned with the government amplified these accusations, ensuring that the message reached both domestic and international audiences. Rwanda used every available platform—United Nations meetings, genocide commemorations, diplomatic summits, and international media events—to reinforce the claim that France carried direct responsibility for the genocide.

In doing so, Kigali weaponised guilt. And France—terrified of being blamed for genocide, isolated on the international stage, or accused of moral indifference—gradually surrendered its own narrative and adopted a posture of permanent defensiveness and remorse.


III. Destroying French Influence in Rwanda: A Dismantling Without Precedent

 

The hostility was not merely rhetorical; it manifested in a systematic and deliberate dismantling of French presence in Rwanda. French cultural and educational institutions were progressively shut down. Long-standing cooperation projects were abruptly terminated. French teachers—many of whom had served in Rwanda for decades—were expelled en masse. Development and aid programmes were suspended or cancelled. The French Cultural Centre in Kigali, once a flagship of Francophone influence, was closed and later vandalised. Even the French Embassy became a repeated target of street protests, often encouraged or orchestrated by the authorities, forcing France to scale down its diplomatic presence dramatically.

The symbolic significance of this dismantling cannot be overstated. It was not merely administrative: it represented a profound political and cultural rupture. Rwanda was sending an unambiguous message to Paris:
"Your influence here is over."

This rupture reached its most dramatic and irreversible point with the decision to replace French with English as the national language of instruction. Overnight, Rwanda severed a century-long linguistic and cultural bond with the Francophone world and repositioned itself decisively within the Anglophone geopolitical sphere. The transition was so radical that most teachers across the country—trained in French and unable to teach in English—were dismissed and replaced, leaving entire generations in schools undergoing a sudden and unprecedented linguistic transformation.

No other country in modern history has undertaken such a sweeping linguistic realignment in such a short period. For Rwanda, it was a strategic declaration of independence. For France, it was a devastating confirmation that its cultural foothold had been uprooted completely.

 

IV. The Duclert Report: The Most Controversial Element of France's Self-Humiliation

One of the most astonishing episodes in the history of France–Rwanda relations is the production of the Duclert Report, commissioned by President Emmanuel Macron in 2019 and published in 2021. Officially, the report was presented as an independent historical investigation into France's role in Rwanda from 1990 to 1994. In practice, it became one of the most politically driven, historically distorted and controversial documents ever produced under the banner of French state introspection.

1. A report written to please Kagame

From the moment the commission was announced, many historians, diplomats and African specialists recognised that its purpose was not to seek historical truth, but to facilitate political reconciliation with Kagame's government. Macron wanted to visit Kigali not as a president accused of denial or colonial arrogance, but as a leader embraced by Rwanda and applauded by the international media. The simplest route to that outcome was to produce a report that validated, or at the very least did not challenge, Rwanda's official narrative of the 1994 events.

Consequently, the Duclert Commission operated within a narrow political framework. It was encouraged—whether explicitly or implicitly—to avoid any conclusion that contradicted Kigali's interpretation of history. This led to a document that:

• selectively interpreted archival evidence,
• omitted or downplayed inconvenient material,
• ignored testimonies that contradicted the RPF narrative,
• minimised or entirely erased well-documented crimes committed by the RPF,
• exaggerated French "blindness" while absolving the RPF of scrutiny,
• and promoted interpretations that closely mirrored decades of Rwandan government accusations.

Moreover, the commission rejected contributions and testimonies from scholars, military officers, and experts whose analyses did not align with the Rwandan government's narrative. Entire bodies of evidence—including those documenting RPF massacres, abuses, and regional operations—were either dismissed or declared irrelevant to the commission's mandate.

For many analysts, this revealed the true nature of the project: the Duclert Report was less an effort to understand history and more a political instrument designed to appease Kagame, rehabilitate France's public image, and demonstrate Macron's willingness to show "humility" at any cost.

Since its publication, numerous historians, diplomats, African specialists and former French officials have criticised the report for being partial, politically biased, methodologically incomplete, and in some cases containing fabricated or speculative historical assertions. Rather than offering a balanced or academically rigorous account, the Duclert Report is widely viewed as a document shaped by political objectives rather than historical accuracy.

2. A report that erases RPF crimes

The Duclert Report strikingly avoids addressing well-documented massacres committed by the RPF in 1994 and in the years that followed. The killings of Hutu civilians, the massacres in the forests of Congo, and the acts that some UN experts have described as possibly constituting genocidal acts were either omitted or minimised.

To please Kagame, the report produces an unbalanced historical picture in which the RPF appears morally blameless.

3. A report that condemns France while ignoring geopolitical complexity

Instead of presenting a nuanced analysis, the Duclert Report simplifies the story:

France = responsible
RPF = liberated victims

This simplistic framing allowed Kagame to claim moral victory.
And France, astonishingly, financed and published a document that harmed its own historical narrative.

4. Duclert as a symbol of French self-humiliation

The report became the ultimate symbol of France's new role: a country so desperate for moral redemption that it participates in rewriting history to please the government that accuses it.

V.Selective Memory: France's Refusal to Acknowledge RPF Atrocities and Hutu Suffering

Another dimension of France's silence toward Rwanda concerns the subjects that Paris deliberately avoids addressing—issues that remain politically explosive and morally uncomfortable. France refuses to speak openly about human rights abuses committed by the RPF during and after the 1994 war, despite the existence of numerous international reports documenting such violations. It also avoids acknowledging the widespread war crimes, extrajudicial killings and massacres of Hutu civilians committed not only in Rwanda but also in neighbouring countries, especially in the Democratic Republic of Congo.

For the French political establishment, even mentioning the suffering of Hutu civilians has become almost taboo. In the current diplomatic climate, raising the issue of Hutu victims—who constitute over 85 percent of the Rwandan population—is treated as a political offence, almost equivalent to undermining the recognised narrative of the genocide. This fear of appearing insensitive, revisionist or "supportive of genocidaires" has paralysed France's ability to discuss the full reality of the conflict.

Yet the historical record is clear. Multiple independent investigations—including UN reports, testimonies from human rights organisations, and academic research—have established that the RPF committed large-scale atrocities during the war and in the years that followed. Tens of thousands of Hutu civilians were killed inside Rwanda between 1994 and 1996. Hundreds of thousands more were hunted down and massacred across eastern Congo, in attacks documented by the 2010 UN Mapping Report and described by some UN investigators as acts that, if proven in court, could constitute crimes against humanity or even acts of genocide.

Despite this evidence, France remains silent. It avoids acknowledging these crimes publicly, avoids criticising Kagame's human rights record, and avoids condemning Rwanda's ongoing abuses at home and abroad. The result is a one-sided narrative in which only one category of victims is recognised, while another—larger—population remains ignored and politically erased.

This silence has deeply disappointed many African observers. Across Francophone and non-Francophone Africa alike, people see France's unwillingness to speak about Hutu victims as a moral failure and a strategic mistake. They see a France that is afraid to defend universal human rights principles, afraid to confront Rwanda's abuses, and afraid to acknowledge the suffering of millions of Hutu civilians who were killed during the war, in the aftermath, and in the forests of Congo.

For many Africans, this selective morality undermines France's credibility. A country that refuses to recognise all victims, and that avoids condemning ongoing abuses because of political guilt, cannot present itself as a principled actor or a reliable partner. France's silence on Hutu victims is therefore not only a historical omission—it is a major factor in the erosion of French influence and trust across the African continent.

VI. France Responds with Aid, Apologies and Diplomatic Submission

Instead of contesting Rwanda's accusations or defending its own institutions, France responded with repeated gestures of humility.

Over the past two decades, France has extended billions in aid to Rwanda, including:

• direct development aid
• budgetary support
• debt relief
• infrastructure projects
• health and educational programmes
• security cooperation
• economic investments

The total exceeds €1 billion, making Rwanda one of the most generously supported African states relative to its size.

Presidents Sarkozy and Macron all visited Rwanda, bringing apologies or partial admissions of responsibility. Macron went the furthest, declaring that France bore "massive and overwhelming responsibility" for failing to prevent the genocide. In Kigali, this was celebrated as a diplomatic triumph.

At no point did France respond to Rwanda's hostility with firmness.

The imbalance became clear:
Rwanda attacks; France apologises.
Rwanda insults; France extends aid.
Rwanda undermines French interests; France reinforces cooperation.

 

VII. The Francophonie Paradox: Mushikiwabo's Appointment as Secretary-General

The most shocking diplomatic reversal occurred in 2018 when Louise Mushikiwabo—Rwanda's foreign minister and one of the most vocal critics of France—was appointed Secretary-General of the Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

This appointment was surreal for several reasons:

  1. Rwanda had abolished French as a national educational language.
  2. Rwanda had shifted decisively to the Anglophone world by joining the Commonwealth.
  3. Mushikiwabo had personally denounced French leaders for years.
  4. Rwanda's internal governance contradicted the Francophonie's stated human rights values.
  5. Several Francophone African countries objected to the appointment.

Yet Emmanuel Macron personally supported Mushikiwabo's candidacy, pressuring other Francophone states to accept it.

It was the ultimate demonstration of France's new attitude toward Rwanda:

The more Rwanda rejects French influence, the more France rewards Rwanda.

VIII. France's Strategic Paralysis: A Foreign Policy Trapped by Guilt

At the heart of this paradox lies the central thesis:

France's relationship with Rwanda is shaped by guilt—self-inflicted, politically exaggerated guilt that has become a trap. France cannot act rationally because it fears appearing immoral.

This guilt:

• paralyses French diplomacy
• prevents France from criticising Rwanda
• pushes France to overcompensate
• makes France predictable
• gives Rwanda enormous leverage

Rwanda understands perfectly that France fears moral accusations more than geopolitical threats. Kagame uses this to extract concessions, silence criticism, and obtain strategic advantages.

France's guilt has become a foreign policy handicap—a permanent weakness rooted in historical anxiety.

IX. Rwanda's Involvement in DRC: France's Ambiguous and Cowardly Silence

Nowhere is France's paralysis more visible than in its silence regarding Rwanda's involvement in the Democratic Republic of Congo.

The UN has repeatedly documented Rwanda's support to the M23 rebels.
The United States, United Kingdom and European Parliament have all expressed concern.
African governments—including South Africa, Tanzania, Burundi, Kenya and Angola—have criticized Rwanda's destabilization of eastern Congo.

And yet, France remains ambiguous.

French diplomats issue vague statements calling for "dialogue," "restraint," and "regional engagement." They refuse to name Rwanda directly. Even when France chairs UN Security Council discussions on the DRC, it avoids mentioning Kigali.

This silence is not accidental.
It is guilt.
It is fear.
It is political paralysis.

France knows that criticizing Rwanda risks triggering accusations of genocide denial or historical hypocrisy.
Thus, France prefers ambiguity—even at the cost of credibility and moral consistency.

X. Military Cooperation: Rwanda Protects TotalEnergies in Mozambique

The paradox deepens further with France's military and economic cooperation with Rwanda, especially in Mozambique.

When Islamist insurgents overran Cabo Delgado province in 2020–2021, threatening TotalEnergies' multi-billion-euro gas project, France needed a stabilizing force. Instead of deploying its own army or relying on Mozambican forces, Paris supported a Rwandan military intervention.

Rwandan troops now protect French energy installations.
Rwanda's army is effectively a subcontracted security provider for French multinational interests.

The implications are enormous:

• France is now dependent on Rwanda militarily.
• Rwanda's image as a "security partner" prevents France from criticizing its behaviour.
• Economic interests override moral and geopolitical considerations.
• France's silence on Congo is partly driven by fear of losing Rwandan military cooperation.

In other words:

France needs Rwanda more than Rwanda needs France.

XI. Kagame's Strategy: Reversing the Power Relationship

Paul Kagame's strategy is not accidental. It is calculated, deliberate and rooted in a sophisticated understanding of Western psychology.

He realized early that:

  1. Western guilt is a powerful tool.
  2. France is terrified of appearing immoral.
  3. Western institutions reward countries that present themselves as victims.
  4. The genocide narrative grants Rwanda diplomatic immunity.
  5. France needs Rwanda more than Rwanda needs France.

By blending victimhood narratives with geopolitical assertiveness, Kagame achieved what no other African leader has managed:

• He reversed the colonial relationship.
• He placed France in a subordinate emotional position.
• He transformed France into a partner that apologises before negotiating.
• He gained respect through confrontation, not submission.

In doing so, Kagame turned Rwanda into a regional power far larger than its size, population or economy would suggest.

 

XII. Implications: How France's Weakness Toward Rwanda Has Damaged Its Credibility Across Francophone Africa

France's submissive, confused and guilt-driven posture toward Rwanda has not only reshaped bilateral relations—it has profoundly damaged France's broader credibility in Africa, particularly among Francophone nations that traditionally formed the backbone of Françafrique. What is happening between France and Rwanda is not seen in isolation by African governments, political elites or civil societies. It is interpreted as a symbol of France's declining strategic coherence, moral fragility, and diminishing geopolitical influence.

For many African observers, France's inability to articulate a firm position toward Rwanda—despite Kigali's systematic humiliation of French institutions, its destabilising role in Congo, and its aggressive foreign policy—reveals a France that is no longer capable of defending its interests or upholding coherent regional principles. This perception has contributed to a wave of disillusionment, resentment and disengagement among other Francophone states.

1. France Lost the Image of a Strong, Coherent Power

France was historically perceived as a decisive actor in African affairs—sometimes too dominant, but never indecisive. Yet in its relationship with Rwanda, France appears paralysed, apologetic and emotionally trapped. African governments have observed:

• France afraid to speak openly
• France unable to draw red lines
• France apologising continuously
• France allowing a small country to dictate narratives
• France rewarding aggression with concessions

This contrasts sharply with France's confident interventions of the past. To many leaders, France's stance toward Rwanda signals the end of its geopolitical bravery and intellectual coherence in Africa.

2. Other Francophone States Interpreted France's Timidity as Weakness

Countries like Mali, Burkina Faso and Niger watched France's relationship with Rwanda closely. While each has its own political context, they all shared a growing perception that France:

• cannot defend its allies
• lacks strategic consistency
• is dominated by guilt and self-doubt
• will sacrifice long-term partnerships to please Western media
• has lost its moral and political compass

As a result, these countries began distancing themselves from France—not only for bilateral reasons but because France's Rwanda policy symbolised a deeper crisis of confidence.

3. The Collapse of Francophone Alliances: Mali, Burkina Faso, Niger

In the early 2020s, Mali, Burkina Faso and Niger—once pillars of France's Sahel strategy—cut military ties with France, expelled French forces, and embraced new alliances with Russia and other non-Western partners. While their decisions were driven by local political dynamics, the broader perception of French weakness influenced their calculations.

African leaders noticed that France could be:

• insulted without consequence
• manipulated through guilt
• pressured into silence
• deprived of influence by small or medium powers

This encouraged Sahel leaders to test France and eventually break away from it entirely. France's submissive behaviour toward Rwanda signaled that Paris lacked the will or confidence to stand firmly as a global power.

4. Francophone Public Opinion Turned Against France

In many Francophone countries, public opinion has drastically shifted. France is no longer viewed as a reliable partner. Citizens see:

• France humiliated by Rwanda
• France unable to protect Francophone values
• France losing diplomatic battles
• France failing to defend French-speaking Africans
• France celebrating Rwanda—now an English-speaking country—while ignoring Francophone concerns

This appears absurd and insulting to many Francophone populations. How can France claim to defend Francophone culture when it rewards a country that abolished French and attacks Francophonie?

The perception is that France is not loyal to its own allies, values or partners.

5. The Broader Loss of Influence: France No Longer Listened To

France's diplomatic weight has drastically diminished in Africa. Today, African leaders listen more to:

• Russia
• China
• Turkey
• Gulf countries
• The United States
• Regional African alliances

than to France.

France's inability to speak clearly about Rwanda's role in the DRC, especially when Congo is a Francophone giant, created a sense of betrayal not only in Kinshasa but across French-speaking Africa. For many African elites:

If France cannot defend Congo against Rwandan aggression, France is useless as a geopolitical ally.

France has

• lost its role as guarantor
• lost its respect
• lost its image of firmness
• lost its position as a major power in Africa

This is directly connected to the Rwanda paradox: France appears strong only where it should not intervene and weak where it should.

6. A Weak France Accelerated Africa's Shift Toward Multipolarity

France's ambiguous submissiveness toward Rwanda accelerated Africa's pivot away from Western powers. African states interpreted France's behaviour as a sign that Europe is internally divided, morally fragile, and psychologically unstable in post-colonial relationships.

This created space for:

• Russia's return to Francophone Africa
• China's expansion in infrastructure and diplomacy
• Turkey's entry into the Sahel
• Gulf states' influence in the Horn of Africa
• New South-South alliances among African nations

France, once the centre of gravity in many regions, is now increasingly irrelevant.

7. The Rwandan Case Has Become a "Warning Example"

African governments now study the Rwanda–France case as a political lesson:

If you challenge France hard enough, France bends.
If you denounce France loudly enough, France apologises.
If you threaten France's moral image, France retreats.

Instead of gaining respect through cooperation, France unintentionally showed that confrontation is more effective. This has fundamentally damaged France's authority.

 

Conclusion: The Rwanda–France Paradox as a Case Study in Power, Guilt and Geopolitical Manipulation

The France–Rwanda relationship challenges traditional concepts of post-colonial diplomacy. It shows that:

Power is not only military or economic.
Power is psychological.
Power is moral.
Power is the ability to trigger guilt in your opponent.

Rwanda understood this better than any African country.

By aggressively attacking France, dismantling its influence, rewriting historical narratives, and exploiting French guilt, Rwanda transformed France from a former colonial power into a submissive, apologetic partner.

The paradox remains:

Rwanda insulted France, denigrated its leaders, destroyed its institutions, replaced its language, destabilised its regional allies, and yet France responded with money, political support, military cooperation and respect.

This is why Africans say:

"When you don't respect the French, they respect you."

Because France respects those who confront its guilt, not those who bow to its authority.

The consequences of France's behaviour toward Rwanda are far-reaching. Rwanda may be a small country, but it exposed France's vulnerabilities in ways that changed African geopolitics. France is no longer respected as a hard power, no longer seen as a reliable partner, and no longer treated as a decisive actor.

The disengagement of Mali, Burkina Faso and Niger from France is part of this broader collapse of confidence. Other Francophone countries—from Chad to the Central African Republic, from Senegal to the DRC—are increasingly distancing themselves as well.

The paradox remains:

France tried to gain moral credibility by pleasing Rwanda, but instead lost strategic credibility across all of Francophone Africa.

France believed that treating Rwanda with exaggerated humility would rehabilitate its global image.
Instead, it weakened its influence, lost allies, and accelerated its marginalisation in Africa.

REFERENCES

1. United Nations Reports

UN Group of Experts on the DRC
– United Nations Security Council (various years). Final Report of the Group of Experts on the Democratic Republic of Congo. New York: UN.
(Especially reports from 2012, 2013, 2020, 2022, 2023 detailing Rwanda–M23 links.)

UN Mapping Report
– United Nations Office of the High Commissioner for Human Rights (2010). Democratic Republic of the Congo, 1993–2003: Mapping Exercise Report. Geneva: OHCHR.

UN Security Council Resolutions & Debates on DRC and M23
– UNSC Verbatim Records, 2022–2024.

2. French Government Documents

The Duclert Report (controversial report)
– Duclert, V. et al. (2021). La France, le Rwanda et le génocide des Tutsi (1990–1994). Commission de recherche sur les archives françaises. Paris: Présidence de la République.
(The report itself.)

French Parliamentary Documents
– Assemblée Nationale (1998). Mission d'information parlementaire sur le Rwanda.
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8. French–African Relations & "Françafrique"

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The State in Africa: The Politics of the Belly.
– Chafer, T. (2002). The End of Empire in French West Africa.
– Marchal, R. (works on French policy in the Great Lakes).

9. Media & Investigations on the Duclert Report's Controversies

– Jeune Afrique (2021–2022). Critical analyses of the Duclert Report.
– Marianne (France), Le Figaro, Le Canard Enchaîné: articles questioning the political motivations.
The Conversation academic critiques of Macron's approach and the report's omissions.
Mediapart (2021–2022). Investigations about the report's biases and omissions.

Prepared par :

Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte  Bienvenue

Africa Context, London, UK

 

 

 

[Rwanda Forum] L'aveuglement de la France pour plaire à Kagame : Quand vous ne respectez pas les Français, ils vous respectent : le paradoxe des relations Rwanda–France

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