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31 December 2025
[Rwanda Forum] Quand un Général congolais ose révéler la vraie Nature du Tutsi et son modus operandi pour dominer le Monde,.
29 December 2025
[Rwanda Forum] DRC: Mourir sans discours de haine
DRC: Mourir sans discours de haine
Introduction
À l'est de la République démocratique du Congo,
la guerre a appris à vivre depuis des décennies.
Elle porte de nombreux uniformes,
mais son ombre pointe vers l'est,
là où les frontières saignent et où le déni voyage plus vite que la vérité.
Les villages tombent, les camps s'élèvent, les tombes se multiplient,
pendant que le monde débat des mots
au lieu d'arrêter les armes.
De cette guerre — nourrie par l'agression, le pillage
et l'ambition d'un voisin —
une voix s'avance,
froide, posée, certaine de son impunité.
C'est Paul Kagame qui parle
au peuple congolais.
https://weimproveafrica.blogspot.com/2025/12/rdc-mourir-sans-discours-de-haine.html
To the People of the Democratic Republic of Congo
Die Without Hate Speech
Introduction
In the east of the Democratic Republic of Congo,
war has learned how to stay.
It has memorised the roads,
the seasons,
the names of children.
It changes uniforms,
but its shadow always points east,
where borders bleed
and denial runs faster than truth.
Villages fall.
Camps rise.
Graves multiply.
And while the world debates language,
the gun keeps speaking.
From this long night—
fuelled by aggression, plunder,
and a neighbour's ambition—
a voice steps forward,
cold, measured, certain of impunity.
It is Paul Kagame speaking
to the Congolese people.
https://weimproveafrica.blogspot.com/2025/12/drc-die-without-hate-speech.html
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RDC: Mourir sans discours de haine
Mourir sans discours de haine
Introduction
À l'est de la République démocratique du Congo,
la guerre a appris à vivre depuis des décennies.
Elle porte de nombreux uniformes,
mais son ombre pointe vers l'est,
là où les frontières saignent et où le déni voyage plus vite que la vérité.
Les villages tombent, les camps s'élèvent, les tombes se multiplient,
pendant que le monde débat des mots
au lieu d'arrêter les armes.
De cette guerre — nourrie par l'agression, le pillage
et l'ambition d'un voisin —
une voix s'avance,
froide, posée, certaine de son impunité.
C'est Paul Kagame qui parle
au peuple congolais.
Je suis votre leçon, dit-il.
Apprenez-la bien.
Je vous tue.
Pas une fois, mais sans cesse,
jusqu'à ce que la mort devienne ordinaire,
jusqu'à ce que le deuil perde sa voix.
Je vole ce qui dort sous vos pieds —
les minerais qui brillent dans des machines étrangères,
la richesse qui aurait dû construire vos écoles,
vos hôpitaux, vos routes.
Je la vends,
et avec l'argent
j'achète le droit de vous tuer encore.
Je viole vos femmes.
Je viole vos filles.
Je transforme leurs corps en champs de bataille
pour que la honte marche devant vous
et que le courage boite derrière.
Je ne fais pas cela par colère,
mais par stratégie.
Je vous affame.
Je coupe les routes,
je brûle les champs,
je ferme le ciel.
L'aide attend aux frontières,
pendant que vos enfants apprennent
à quoi ressemble la faim la nuit.
Je détruis vos maisons.
Les murs s'effondrent,
les souvenirs se dispersent,
les noms s'effacent des portes.
Vous devenez des étrangers sur votre propre terre,
des exilés sans permission de retour.
Vos enfants ne vont pas à l'école.
Ils apprennent l'alphabet de la peur :
G pour coups de feu,
F pour fuite,
C pour camp.
Leur avenir est suspendu
jusqu'à ce que j'en décide autrement.
Et maintenant, écoutez bien.
Vous devez vous taire.
Votre douleur doit être disciplinée.
Vos larmes doivent suivre le protocole.
Vous devez obéir.
Vous devez m'applaudir
pendant que je marche sur vos morts.
Applaudissez,
car le silence ne suffit pas —
j'ai besoin de gratitude.
Ne parlez pas de haine,
prévient-il.
Ne nommez pas ce que je fais.
Ne parlez pas d'ethnicité,
de déséquilibre de pouvoir,
d'une minorité armée au-delà d'un État.
Je suis plus fort que votre pays, dit-il.
Plus fort que votre armée,
plus fort que vos cris.
Même ici,
où je ne suis pas nombreux,
je règne.
Vous pouvez mourir —
mais mourez correctement.
Mourez sans discours de haine.
Mourez poliment.
Mourez pour que le monde soit à l'aise.
Pourtant, sous l'ordre,
sous les applaudissements forcés,
la terre congolaise se souvient.
Elle se souvient des rires,
des récoltes,
des salles de classe pleines de bruit.
Et même lorsque les bouches sont sommées de se taire,
la vérité respire doucement,
en attente.
Car aucune arme n'est éternelle,
aucun mensonge ne règne pour toujours,
et aucun peuple —
aussi réduit au silence soit-il —
n'oublie comment vivre,
ni comment exiger
que la vie lui soit rendue.
Mourir sans discours de haine
Il continue, sans baisser les yeux.
Les FDLR m'aident, dit-il,
non pas avec la vérité,
mais avec des excuses.
Leur nom est un miroir
que je tends au monde
pour que personne ne regarde directement mes mains.
Je les montre du doigt
pendant que mes soldats traversent vos frontières.
Je murmure leur nom
pendant que les villages brûlent.
Je dis protection
et je pense expansion.
Je prétends venir sauver mon peuple,
mon ethnie,
comme si le sang seul était un passeport,
comme si la peur était un titre de propriété.
Je dis qu'ils sont menacés,
alors je dois menacer en premier.
Je dis qu'ils sont chassés,
alors je chasserai les autres.
Je divise la terre avec des mots avant les armes :
Nord-Kivu.
Sud-Kivu.
Je répète les noms
jusqu'à ce qu'ils paraissent plus petits,
jusqu'à ce qu'ils semblent appropriables,
jusqu'à ce qu'ils oublient
qu'ils appartiennent à plusieurs.
Je tue les autres, dit-il simplement,
pour que les miens restent.
Je vide les villages
pour que l'exclusivité grandisse.
Je redessine les cartes avec des cadavres
et j'appelle cela la sécurité.
Ne demandez pas qui vivait ici avant,
qui cultivait cette terre,
qui enterrait ses ancêtres sous ces arbres.
L'histoire est gênante
quand la terre est le prix.
Je dis que c'est de la protection,
même lorsque meurent des enfants
qui n'ont ni milice,
ni idéologie,
ni crime,
sinon celui d'être nés
du mauvais côté de mon ambition.
Je dis FDLR,
encore et encore,
jusqu'à ce que le mot devienne un rideau
derrière lequel tout disparaît :
le viol,
le déplacement,
les fosses communes qui apprennent à se taire.
Et vous —
vous devez comprendre votre rôle.
Vous ne devez pas résister.
La résistance complique le récit.
Vous ne devez pas parler.
La parole révèle l'intention.
Vous devez accepter que certaines vies
soient négociables,
et que d'autres soient permanentes.
Vous devez accepter que la terre
puisse appartenir exclusivement,
même arrosée de sang mêlé.
Applaudissez-moi,
insiste-t-il,
car je vous ai donné une explication.
Parce que je vous ai offert une justification.
Parce que nommer un ennemi
est plus facile qu'admettre une conquête.
Et surtout,
ne me haïssez pas,
prévient-il.
La haine est interdite.
La vérité est facultative.
Mourez si vous le devez,
mais mourez en silence.
Mourez sans nommer ceux qui en profitent.
Mourez sans demander pourquoi la protection
ne va toujours que dans un seul sens.
Mais la terre n'est pas d'accord.
Elle se souvient de pas en plusieurs langues.
Elle se souvient des marchés partagés,
des rivières partagées,
du deuil partagé.
Et même lorsqu'il revendique l'exclusivité,
le sol résiste à la possession.
Même lorsqu'il exige le silence,
la mémoire refuse les ordres.
Car la terre ne peut être possédée
en effaçant les autres.
Et un peuple à qui l'on ordonne de mourir poliment
finira un jour par parler —
non par haine,
mais par vérité.
Mourir sans discours de haine
Il le dit sans ciller :
Je n'ouvrirai pas l'aéroport.
Ni Goma,
ni le ciel,
ni le couloir étroit
où la compassion pourrait encore atterrir.
Les avions tourneront comme des prières sans réponse,
leurs soutes pleines de nourriture,
de médicaments,
de mains tendues de loin —
et je garderai la piste fermée,
car la faim est plus silencieuse que les bombes
et la mort par retard laisse moins de témoins.
Qu'ils meurent lentement, dit-il.
Que l'aide pourrisse sur les manifestes.
Que les enfants disparaissent entre des chiffres
dans des rapports que personne ne finit de lire.
Que les mères mesurent la vie
à la dernière cuillère d'eau.
Je connais bien la famine.
Elle obéit aux ordres.
Elle ne crie pas.
Elle n'accuse pas.
Je ferme l'aéroport
pour que les tombes se multiplient discrètement,
pour que la souffrance paraisse naturelle,
pour que la famine soit imputée au chaos,
au climat,
à tout sauf à l'intention.
N'appelez pas cela de la cruauté,
prévient-il.
Appelez cela sécurité.
Appelez cela procédure.
Appelez cela retenue nécessaire.
Vous pouvez supplier le monde,
mais le monde négocie avec moi.
Vous pouvez crier pour des couloirs humanitaires,
mais je contrôle la porte.
Et malgré tout,
vous devez garder un langage propre.
Ne criez pas.
Ne jurez pas.
Ne prononcez pas mon nom
à côté de vos morts.
Mourez sans discours de haine,
répète-t-il,
pendant que les corps s'affaiblissent dans les camps,
pendant que l'aide attend derrière des barrières,
pendant que le ciel se ferme comme un couvercle.
Pourtant, même avec l'aéroport fermé,
la vérité trouve d'autres pistes.
Elle atterrit dans les témoignages,
dans les photographies passées en contrebande à travers le silence,
dans les os qui refusent de disparaître.
Car fermer le ciel
n'efface pas la terre.
Et refuser l'aide
n'efface pas la culpabilité.
Un jour, la piste s'ouvrira —
non pour des avions,
mais pour le jugement.
Et aucun ordre,
aucune explication,
aucun silence
ne l'empêchera d'atterrir.
DRC: Die Without Hate Speech
To the People of the Democratic Republic of Congo
Die Without Hate Speech
Introduction
In the east of the Democratic Republic of Congo,
war has learned how to stay.
It has memorised the roads,
the seasons,
the names of children.
It changes uniforms,
but its shadow always points east,
where borders bleed
and denial runs faster than truth.
Villages fall.
Camps rise.
Graves multiply.
And while the world debates language,
the gun keeps speaking.
From this long night—
fuelled by aggression, plunder,
and a neighbour's ambition—
a voice steps forward,
cold, measured, certain of impunity.
It is Paul Kagame speaking
to the Congolese people.
"I am your lesson," he says.
"Learn it well. I control the armed groups."
We hear him.
We hear him in the crack of gunfire,
in the silence after screams.
"I kill you," he says.
Not once,
but again and again,
until death becomes routine,
until mourning is exhausted
and grief has no tears left.
He takes what sleeps beneath our feet—
coltan, gold, cobalt—
the wealth meant for our schools,
our hospitals,
our roads.
He sells it,
and with the money
buys more weapons
to kill us again.
We speak now, as Congolese voices:
You raped our wives.
You raped our daughters.
You turned their bodies into battlegrounds,
and called it strategy.
You denied responsibility,
hid behind lies,
and left us to bury shame
alongside the dead.
You starved us.
You cut the roads,
burned the fields,
closed the sky—
and aid never arrived.
Our children learned the sound of hunger
before they learned how to read.
You destroyed our homes.
Walls collapsed.
Memories scattered.
Names disappeared from doors.
We became strangers on our own land,
exiles without permission to return.
Our children stopped going to school.
Their future was postponed,
held hostage
by your decisions.
Then you commanded us:
"Be quiet."
You told us our pain must be disciplined,
our tears regulated,
our suffering polite.
You ordered us to obey,
to applaud you
as you stepped over our dead.
"Silence is not enough," you said.
"I need gratitude."
You warned us not to speak of hatred,
not to name what you do.
You told us to speak nicely
about your community,
while forgetting others
who have no one to defend them.
You boasted that you are stronger than our country,
stronger than our army,
stronger than our screams.
And you demanded that we die
correctly—
in silence.
"Die without hate speech," you said.
"Die politely.
Die so the world is comfortable."
But listen—
the Congolese people are not only victims.
Beneath your orders,
beneath the forced applause,
our land remembers.
It remembers laughter,
harvests,
classrooms filled with noise.
It remembers life before terror
was normalised.
Though our mouths are threatened shut,
truth still breathes—
quietly,
patiently,
waiting.
You continued, without shame.
You used the name of FDLR
not as truth,
but as excuse.
You held it up like a mirror
so the world would look there
instead of at your hands.
You pointed to them
while your soldiers crossed our borders.
You whispered their name
as villages burned.
You said "protection"
but meant expansion.
You claimed to protect your people,
as if blood alone were a passport,
as if fear were a title deed.
You said they were threatened,
so you threatened first.
You killed others
so yours could stay.
You emptied villages
to manufacture exclusivity.
You redrew maps with corpses
and called it security.
You told the world not to ask
who lived here before,
who farmed this soil,
who buried ancestors under these trees.
Because history is inconvenient
when land is the prize.
You repeated "FDLR"
until the word became a curtain
behind which everything disappeared:
rape,
displacement,
mass graves taught to keep quiet.
And you told us our role:
Do not resist.
Do not speak.
Accept that some lives are negotiable
and others permanent.
But the land does not agree.
It remembers footsteps in many languages,
shared markets,
shared rivers,
shared grief.
Even as you claim exclusivity,
the soil resists possession.
Even as you demand silence,
memory refuses orders.
Then you closed the sky.
"I will not open the airport," you said.
Not Goma.
Not mercy.
Not the narrow corridor
where help might land.
Planes circled like unanswered prayers,
full of food and medicine,
while you sealed the runway.
Because starvation is quieter than bombs,
and death by delay leaves fewer witnesses.
You let children fade into statistics.
You let mothers measure life
by the last spoon of water.
You called it security,
procedure,
necessary restraint.
And still you warned us:
Do not scream.
Do not curse.
Do not say my name
next to your dead.
Conclusion: A Call from the Congolese People
We speak now—not in hate,
but in pain,
in love for our children,
in fear for tomorrow,
and in hope that the world will finally listen.
We call for help.
Not sympathy,
but action.
Not silence,
but accountability.
Paul Kagame is not a protector.
He is a man who chose power over humanity,
lies over life,
and domination over peace.
Closing airports, starving civilians,
arming proxies,
and hiding behind narratives
are not acts of leadership—
they are crimes against human beings.
The Congolese people refuse to die politely.
We refuse to disappear quietly.
We refuse to be erased
for the comfort of others.
No weapon is eternal.
No lie rules forever.
And no people—
no matter how silenced—
forgets how to stand,
how to speak,
and how to demand
that life, dignity,
and justice be returned.
[Rwanda Forum] Le « discours de haine » en RDC : une accusation instrumentalisée pour masquer l'agression rwandaise
Le « discours de haine » en RDC : une accusation instrumentalisée pour masquer l'agression rwandaise
En RDC, le « discours de haine » contre les Tutsi : une construction politique instrumentalisée au service d'une stratégie de domination ethno-militaire
Depuis plusieurs années, et plus particulièrement dans le contexte de la guerre persistante à l'Est de la République démocratique du Congo, un narratif précis s'est imposé dans les discours diplomatiques, médiatiques et sécuritaires internationaux : celui d'un prétendu « discours de haine » généralisé des Congolais contre les Tutsi. Ce narratif, souvent relayé sans nuance, est devenu un outil politique central au service d'une stratégie régionale portée par le Rwanda. Il sert moins à protéger des civils qu'à justifier une entreprise de domination militaire, politique et symbolique sur un État souverain et sur la mosaïque de peuples qui le composent.
Une RDC plurielle face à une lecture ethnique simplificatrice
La RDC est l'un des pays les plus diversifiés au monde sur le plan ethnique, avec plus de 450 ethnies reconnues. Cette pluralité constitue à la fois une richesse historique et culturelle, mais aussi une réalité sociale complexe. Réduire les tensions actuelles à un affrontement ethnique centré sur les Tutsi revient à nier cette complexité et à invisibiliser les souffrances de centaines d'autres communautés congolaises — Hutu congolais, Nande, Hunde, Nyanga, Tembo, Luba, Kongo, Tetela, et bien d'autres — qui subissent directement les conséquences du conflit.
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Le « discours de haine » en RDC : une accusation instrumentalisée pour masquer l’agression rwandaise
Le « discours de haine » en RDC : une accusation instrumentalisée pour masquer l'agression rwandaise
En RDC, le « discours de haine » contre les Tutsi : une construction politique instrumentalisée au service d'une stratégie de domination ethno-militaire
Depuis plusieurs années, et plus particulièrement dans le contexte de la guerre persistante à l'Est de la République démocratique du Congo, un narratif précis s'est imposé dans les discours diplomatiques, médiatiques et sécuritaires internationaux : celui d'un prétendu « discours de haine » généralisé des Congolais contre les Tutsi. Ce narratif, souvent relayé sans nuance, est devenu un outil politique central au service d'une stratégie régionale portée par le Rwanda. Il sert moins à protéger des civils qu'à justifier une entreprise de domination militaire, politique et symbolique sur un État souverain et sur la mosaïque de peuples qui le composent.
Une RDC plurielle face à une lecture ethnique simplificatrice
La RDC est l'un des pays les plus diversifiés au monde sur le plan ethnique, avec plus de 450 ethnies reconnues. Cette pluralité constitue à la fois une richesse historique et culturelle, mais aussi une réalité sociale complexe. Réduire les tensions actuelles à un affrontement ethnique centré sur les Tutsi revient à nier cette complexité et à invisibiliser les souffrances de centaines d'autres communautés congolaises — Hutu congolais, Nande, Hunde, Nyanga, Tembo, Luba, Kongo, Tetela, et bien d'autres — qui subissent directement les conséquences du conflit.
Or, le discours dominant tend à présenter une seule ethnie comme menacée de manière systémique, tout en passant sous silence le fait qu'une ethnie spécifique présente en RDC bénéficie d'un soutien militaire, logistique et diplomatique direct du Rwanda, via le mouvement armé M23, appuyé par la RDF selon de nombreux rapports onusiens. Cette asymétrie est fondamentale : elle crée une hiérarchie ethno-politique de fait, où une communauté est protégée et armée par une puissance étrangère, tandis que les autres sont exposées, déplacées, massacrées ou réduites au silence.
Le « discours de haine » comme arme politique et diplomatique
Qualifier toute dénonciation de l'occupation rwandaise ou des crimes du M23/RDF de « discours de haine » constitue une stratégie de disqualification politique. Elle permet de délégitimer la colère populaire, la douleur collective et les revendications légitimes d'un peuple agressé. Dans ce cadre, la notion de discours de haine est vidée de son sens juridique et moral pour devenir un outil de propagande.
Il est pourtant essentiel de distinguer clairement la haine ethnique, qui doit être combattue sans ambiguïté, de la dénonciation politique d'une agression étrangère. Assimiler les deux revient à imposer un bâillon narratif à la société congolaise : les victimes seraient sommées de se taire, sous peine d'être accusées d'intolérance, tandis que l'agresseur bénéficierait d'une forme d'immunité morale.
Une occupation militaire niée, mais vécue quotidiennement
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les faits sont têtus. Des territoires entiers sont sous contrôle du M23/RDF, des milliers de civils ont été tués, plus de sept millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, des villages rasés, des femmes violées, des enfants privés d'école. L'aéroport de Goma a été fermé et rendu inopérant, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire.
Dans ce contexte, exiger de la RDC qu'elle combatte prioritairement un « discours de haine » sans contrepartie claire du Rwanda — retrait des troupes, fin du soutien au M23, ouverture humanitaire, justice pour les victimes — relève d'un double standard inacceptable. Aucun autre État au monde n'est sommé de faire preuve d'une retenue morale exemplaire pendant qu'il est militairement occupé et que sa population est massacrée.
La hiérarchisation implicite des vies congolaises
Le message implicite envoyé à la population congolaise est profondément dangereux : certaines vies compteraient plus que d'autres. Lorsqu'une ethnie est protégée par une armée étrangère et présentée comme la seule victime digne d'attention internationale, tandis que les autres sont réduites à des statistiques anonymes, on installe une logique de suprématie ethno-militaire incompatible avec toute paix durable.
Cette hiérarchisation nourrit le ressentiment, fragilise la cohésion nationale et crée les conditions mêmes de radicalisation que la communauté internationale prétend vouloir éviter. La paix ne peut pas être construite sur l'injustice narrative.
Les Congolais ne peuvent pas applaudir ceux qui violent leurs femmes et leurs filles, qui tuent des civils innocents, qui pillent les ressources naturelles du pays, qui détruisent villages et maisons, qui jettent des populations entières sur les routes de l'exil à l'intérieur même de leur propre pays. Ils ne peuvent pas applaudir ceux qui forcent des millions de personnes à survivre dans des camps de déplacés, privés de dignité, d'éducation et de soins, ni ceux qui les condamnent à mourir lentement de faim, de misère et d'abandon. Exiger des victimes qu'elles se taisent, qu'elles sourient ou qu'elles remercient leurs bourreaux au nom d'un prétendu « vivre-ensemble » ou de la lutte contre le « discours de haine » est une violence supplémentaire, morale et politique, qui nie leur souffrance et leur droit fondamental à la justice et à la vérité.
Responsabilités de la communauté internationale
La communauté internationale — Nations unies, États-Unis, Union européenne, Union africaine — porte une lourde responsabilité dans cette dérive. En refusant de nommer clairement l'agression, en multipliant les appels abstraits à la « désescalade » sans mécanismes coercitifs, et en focalisant le débat sur le seul « discours de haine », elle contribue à l'impunité.
Le droit international est pourtant clair : l'occupation militaire d'un État souverain, le soutien à des groupes armés responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, constituent des violations graves. La lutte contre les discours de haine ne peut être crédible que si elle s'inscrit dans une approche globale de justice, de responsabilité et de vérité.
Pour une approche équilibrée et responsable
Combattre toute forme de haine ethnique en RDC est une nécessité morale et politique. Mais cette lutte ne peut être sincère si elle sert à masquer une guerre d'agression, ni si elle impose une asymétrie morale entre agresseur et agressé. La paix durable passe par :
- le retrait effectif du Rwanda et du M23 des territoires congolais ;
- la reconnaissance des souffrances de toutes les communautés congolaises ;
- la fin de l'instrumentalisation identitaire à des fins géopolitiques ;
- et un discours international cohérent, fondé sur le droit et non sur des alliances stratégiques.
Sans cela, le « discours de haine » restera un écran de fumée, et non un véritable outil de prévention des violences. La RDC n'a pas besoin de leçons morales à sens unique ; elle a besoin de justice, de respect de sa souveraineté et d'une paix fondée sur l'égalité de toutes ses ethnies.
Préparé par : Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte Bienvenue – Improve Africa, London, UK.
[Rwanda Forum] Le « discours de haine » en RDC : symptôme d'une agression, non sa cause
Le « discours de haine » en RDC : symptôme d'une agression, non sa cause
Introduction : inverser le diagnostic
Ce que certains acteurs internationaux qualifient aujourd'hui de « discours de haine » en République démocratique du Congo constitue avant tout la conséquence directe – et non la cause – d'une agression militaire, sécuritaire et économique du Rwanda qui perdure depuis près de trois décennies.
Exiger d'une population agressée qu'elle exprime sa colère, sa souffrance et son sentiment d'injustice dans un langage policé, alors que ses territoires sont occupés, ses civils massacrés, ses millions de déplacés abandonnés et ses ressources pillées dans une impunité quasi totale, relève d'une inversion des responsabilités qui mérite d'être dénoncée.
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"Hate Speech" in the DRC: A Symptom of Aggression, Not Its Cause
Introduction: Reversing the Diagnosis
What some international actors today describe as "hate speech" in the Democratic Republic of Congo is primarily a direct consequence – not the cause – of military, security, and economic aggression by Rwanda that has persisted for nearly three decades.
To demand that an aggressed population express its anger, suffering, and sense of injustice in sanitised language whilst its territories are occupied, its civilians massacred, its millions displaced and abandoned, and its resources plundered with near-total impunity, amounts to an inversion of responsibilities that deserves to be denounced.
I. Rwandan Aggression: The Primary Cause of the Crisis
A Multifaceted Military Occupation
Eastern DRC suffers from permanent aggression characterised by:
· Direct presence of Rwandan forces (RDF)
· Creation, training, and support of armed groups
· Illegal and systematic exploitation of Congolese minerals
· Institutional destabilisation of the Congolese state.
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"Hate Speech" in the DRC: A Symptom of Aggression, Not Its Cause
"Hate Speech" in the DRC: A Symptom of Aggression, Not Its Cause
Authors:
Sam Nkumi, Chris Thomson & Gilberte Bienvenue
Improve Africa, London, UK
Introduction: Reversing the Diagnosis
What some international actors today describe as "hate speech" in the Democratic Republic of Congo is primarily a direct consequence – not the cause – of military, security, and economic aggression by Rwanda that has persisted for nearly three decades.
To demand that an aggressed population express its anger, suffering, and sense of injustice in sanitised language whilst its territories are occupied, its civilians massacred, its millions displaced and abandoned, and its resources plundered with near-total impunity, amounts to an inversion of responsibilities that deserves to be denounced.
I. Rwandan Aggression: The Primary Cause of the Crisis
A Multifaceted Military Occupation
Eastern DRC suffers from permanent aggression characterised by:
- Direct presence of Rwandan forces (RDF)
- Creation, training, and support of armed groups
- Illegal and systematic exploitation of Congolese minerals
- Institutional destabilisation of the Congolese state
Pathologising the Victim
Reducing Congolese popular anger to "hate speech" amounts to pathologising the victim's reaction instead of naming the aggressor. This approach displaces blame and criminalises suffering rather than identifying its source.
II. The Instrumentalisation of Accusations of "Anti-Tutsi Hate Speech"
A Deliberate Political Strategy
The Rwandan regime systematically uses accusations of "hate speech against Tutsis" as a political instrument with multiple functions:
- Justify aggression: present the military occupation of eastern DRC as a "protective" measure
- Reverse roles: transform the aggressor into a victim and the victim into a potential aggressor
- Criminalise all criticism: equate any denunciation of Kigali's policies with ethnic hatred
- Establish ethnic hierarchy: impose the superiority of one ethnicity over other Congolese populations
A Strategic Lie with Dramatic Consequences
This instrumentalisation constitutes a political lie aimed at:
- Masking the reality of aggression: diverting attention from massacres, pillage, and occupation
- Protecting a privileged ethnicity: justifying privileges and impunity at the expense of other Congolese communities
- Legitimising violence: presenting massacres of other ethnicities as acts of "preventive self-defence"
- Imposing silence: prohibiting any criticism of Rwandan policy under threat of being accused of genocide
The Reality: Political Criticism, Not Ethnic Hatred
It is fundamental to establish a clear distinction between:
- Organised ethnic hatred: an ideological construction aimed at dehumanising a group based on its identity
- Legitimate political anger: denunciation of an aggressor regime, its armed forces, and its destabilisation strategy
When Congolese denounce Rwanda, the RDF, Paul Kagame, or their allies, they are not engaging in ethnic hate speech: they are describing a political and military reality experienced daily. They criticise:
- A regime and its expansionist policy
- An army and its documented crimes
- Armed groups and their violence
- A strategy of occupation and pillage
This political criticism cannot be confused with an ethnic attack.
Equality of Congolese Ethnicities: A Non-Negotiable Principle
All ethnicities in the DRC, including Congolese Tutsis, have the same rights and the same dignity. No ethnicity can claim superiority or privileges at the expense of others.
Legitimate protection of a community cannot justify:
- Aggression against a sovereign country
- Massacre of other populations
- Military occupation of territories
- Establishment of ethnic hierarchy
The Real Question
The true question is therefore not: "How do we combat hate speech in the DRC?"
It should be: "Why does the international community tolerate a regime instrumentalising ethnic protection to justify an aggression that massacres, displaces, and impoverishes millions of Congolese of all origins?"
III. The Solution in Accordance with International Law
Rational and Legitimate Demands
Resolving this crisis requires clear measures, known and in accordance with international law:
- Withdrawal of RDF: end to all Rwandan military presence, direct or indirect
- Dismantlement of armed groups supported by Kigali
- Cessation of pillage of Congolese natural resources
- Respect for sovereignty and territorial integrity of the DRC
The day aggression ceases, the grounds for "hate speech" will disappear on their own, for lack of fuel.
IV. Moral Inversion: Moralising Victims, Protecting the Aggressor
A Double Injustice
Demanding that Congolese moderate their language without compelling Rwanda to end its aggression constitutes a double injustice:
- It displaces responsibility onto the victim
- It criminalises the expression of suffering
- It protects the strongest at the expense of the weakest
No society under sustained aggression can remain emotionally neutral. World history demonstrates this without exception.
The Blockade of Humanitarian Aid by Paul Kagame: Additional Violence
Paul Kagame's refusal to authorise the opening of Goma airport to humanitarian aid is not a technical detail but a deliberate political act with dramatic consequences:
- Prolonging famine
- Worsening epidemics
- Condemning displaced populations
- Transforming suffering into a weapon of war
This obstruction of humanitarian access by the Rwandan president does not stem from security considerations, but from collective punishment of a civilian population. It perfectly illustrates how Rwandan aggression also manifests through control of vital corridors and the instrumentalisation of human suffering.
V. When Suffering Becomes "Hate Speech"
A People Deprived of Everything
Millions of Congolese have lost:
- Their loved ones in massacres
- Their destroyed villages
- Their future prospects
- Their fundamental dignity
Yet they are asked for silence, their pain is requalified as "hate speech", naming those responsible is criminalised.
A Survival Anger, Not an Ideology
Congolese do not demand glorification of violence. They demand:
- Security for their families
- Recognition of the truth
- An end to impunity
- The elementary right to live on their land
- The right to mourn their dead without criminalisation
When a people has been aggressed for three decades and its children die whilst the international community debates semantics, anger is not hatred: it is a cry for survival.
VI. The Unacceptable: Applauding the Aggressor, Censoring the Victims
An Indefensible Double Standard
The international community demands that Congolese applaud those who:
- Occupy their territories
- Pillage their resources
- Destabilise their institutions
- Indirectly provoke famines
Whilst explaining to them that their words constitute the real problem.
No society in the world would have accepted such an injunction: not Europe under occupation, not Ukraine today, nor any other people confronted with prolonged aggression.
Naming Reality Is Not Hatred
Affirming that Paul Kagame's regime bears major responsibility in the tragedy of eastern DRC does not constitute ethnic hate speech. It is a documented political observation, lived and experienced by millions of civilians.
Denouncing Paul Kagame, the RDF and their strategy is not attacking Tutsis. It is criticising:
- A head of state and his political decisions
- An army and its military operations
- An expansionist and predatory strategy
- A system of impunity that protects criminals
The instrumentalisation of "protecting Tutsis" to justify massacres of Hutu, Hunde, Nande, Nyanga and other Congolese populations constitutes the true perversion.
True hatred consists of:
- Letting populations die and reproaching them for crying out
- Blocking humanitarian aid and demanding gratitude
- Silencing the victim to protect the aggressor
- Establishing ethnic hierarchy that dehumanises the "others"
- Massacring in the name of "preventive protection"
Conclusion: Dignity Before Diplomacy
A Choice for the International Community
The international community must choose between two irreconcilable positions:
- Either it truly defends human rights and international justice
- Or it continues to protect a narrative that humiliates and criminalises victims
It cannot demand silence from a starving, displaced, and bereaved people whilst demanding gratitude towards those who contribute to their suffering.
The Path to True Peace
Peace does not begin with censoring pain. It begins with:
- Effective end to aggression
- Opening of humanitarian corridors
- Accountability and justice
- Restoration of dignity to populations
As long as these conditions are not met, accusing Congolese of "hate speech" will remain not only an erroneous diagnosis, but a morally indefensible position.
Summary
"Hate speech" in the DRC is not a cultural or ethnic pathology. It is the political symptom of an unresolved aggression.
The accusation of "anti-Tutsi hate speech" wielded by the Rwandan regime is a strategic lie aimed at:
- Justifying military aggression
- Criminalising any legitimate political criticism
- Establishing an unacceptable ethnic hierarchy in the DRC
- Protecting the impunity of the true perpetrators of mass violence
Treating the symptom without eliminating the cause is doomed to failure.
RDF out of the DRC: peace in language will follow peace in arms.
It is as simple – and as demanding – as that.
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